Coworking Initiatives » Les 7 Phrases à Retenir de GCUC

Les 7 Phrases à Retenir de GCUC

Les Américains exagèrent lorsqu’ils annoncent que GCUC (Global Coworking Unconference Conference) est la plus grande conférence sur le coworking. J’étais en novembre à Paris pour la conférence européenne du coworking et l’affluence m’a paru identique. « The biggest« , disaient-ils. Un mélange de gros et de grand. Cela leur fait sans doute plaisir… Par contre, j’ai senti être plus proche de la Mecque du coworking, plus proche des personnes qui annoncent la couleur, qui donnent le « la ». C’est les Etats-Unis, ils font ça comme ça. Tous ceux qui pensent coworking ont une dette envers eux… Qui dit Mecque dit prophète aussi. Prophètes surtout. Car j’ai entendu un certain nombre de prêches qui auraient pu faire pâlir n’importe quel orateur « de métier » contemporain. Et j’ai retenu un certain nombre de phrases, sept pour être précis, résumant le contenu de ces deux jours à Austin, Texas. Florilège. 

Coworking – the term – sells us short. It’s the difference between sharing rent and sharing vision. – Derek NeighborsDerek a la corpulence d’un gros bébé. Son crâne rasé est aussi rond que son ventre. Sa barbe surgit donc de nulle part et sa couleur fauve tend à transformer cette barbe en une crinière. Derek est méchamment pertinent. Toute parole que j’ai pu entendre sortir de sa bouche a un but bien précis : terminer toute discussion débile par un aphorisme neighborien. Un aphorisme neighborien tranche sans complexe dans le lard et est d’une efficacité à toute épreuve. Tout ce que dit Derek Neighbors est puissant et il est aimé pour cela.

Coworking est un mot indigeste, barbare pour nous Français, difficile à prononcer, impossible à comprendre immédiatement – il faut toujours suivre en engageant une discussion, i.e. une explication. Les anglophones semblent avoir la même difficulté avec ce mot qui ne décrit que très peu le sens qu’on lui prête aujourd’hui. Donc les hommes ont décidé de lui donner le sens qu’ils souhaitaient, c’est-à-dire qu’ils l’ont enduit d’une charge émotionnelle et sentimentale plus forte que n’en possédait le mot brut lui-même. Parler de coworking tous les jours ne nous avancerait à rien si nous n’expliquions pas qui nous sommes, et pourquoi nous le faisons. Coworking n’est qu’un mot. Ce qui est important sont les sentiments et les valeurs associés à ce mot. Or, cela les pionniers l’avaient bien compris. Ils avaient une vision que les meilleurs d’entre nous, que les meilleures communautés parmi nous s’évertuent à perpétuer. Y a-t-il encore des gens qui écrivent coworking comme cela ?

Success is our community, a vibrant organism, feeding itself. – Benjamin Dyett

Il y a un jeu de mot à faire avec le nom de famille de Benjamin, un jeu de mot qui ne ferait rire que ceux qui découvrent la langue anglaise. Lui, ça doit peut-être le faire encore sourire. Et encore. Benjamin est Noir, chauve aux dents blanches, avec de l’embonpoint et comme tout Noir Américain en surpoids il a un charisme phénoménale. Son petit cou lui suffit à dominer toute une salle lorsqu’il s’exprime, vite qui plus est, ce qui retient en haleine ceux tombés sous son charme, les hypnotisés de Benjamin.

L’argent est le critère numéro 1 de réussite… Euh, est-ce que je viens vraiment d’écrire cela ? Force est de constater que le coworking vit le plus éloigné possible de ce monde-là. Le succès – la réussite – est de pouvoir faire ce qu’on aime avec les personnes que l’on aime et les ressources que l’on possède. L’envie que suscite, parfois, certains artistes et sportifs n’est pas un tropisme. La vérité est là : faire ce qu’on aime avec les personnes qu’on aime. D’où la communauté, considérée ici comme un organisme vivant. Pas une pâte à modeler ou, pour reprendre l’analogie cartésienne, un bout de cire qu’on façonne à son goût et transforme à son image. Que nenni. Une communauté est comme un organisme vivant. Elle grandit, s’enrichit et se cultive avec la plus grande autonomie. La réussite de tout parent est de voir ses enfants se nourrir par eux-mêmes – dans la nature l’exemple est encore plus patent ; le succès du coworking est de voir ses communautés vivre d’elles-mêmes, en auto-suffisance. L’argent vient après. Il est une conséquence. Ça a toujours été ainsi.

The people who are doing this are doing it because they choose to do it. – Alex Hillman

La clarté des yeux d’Alex me surprend encore et toujours. À certains égards, ses yeux sont presque blancs. Mais pas ce blanc qui n’inspire rien, pas le blanc de la feuille blanche. Les yeux blancs d’Alex sont d’un blanc coloré, un blanc qui a absorbé toutes les couleurs et qui continue son pouvoir d’absorption lorsque l’on croise son regard. Alex, aujourd’hui, est la figure de proue des personnes qui donnent le « la » sur le coworking. Une question résume son existence : où en serait le coworking aujourd’hui si Alex n’avait pas existé ?

Je rêve d’un monde où les personnes pourront un jour choisir leur métier. Je vis aujourd’hui dans ce rêve où des personnes ont d’une part choisi de faire ce qu’elles font et ont d’autre part choisi le coworking. Le coworking est et reste un choix. Ca ne pourrait être différent avec des personnes qui ont choisi leur vie. Ce « co » ne dit pas seulement que ces personnes travaillent ensemble, il énonce une inclinaison, une intention : ces personnes ont choisi de travailler ensemble, elles s’attendent à travailler ensemble. Et cette intention-là est sans doute le premier point commun entre ces personnes. La différence entre working et coworking, c’est donc le choix.

What did the 10 year-old child that you were think about work ? How about today and why this difference ? – Tony Bacigalupo

Tony est un grand gaillard. Aussi grand que large. Tout comme l’est son sourire. Son nom de famille signifie en italien « baiser de loup ». Je trouve ça joli. On dirait un prénom d’Indien d’Amérique. Baiser de Loup est un catalyseur. Votre vie peut se retrouver sans dessus dessous après une discussion avec lui. Il a sa technique : il écoute beaucoup, pose les bonnes questions et arrive à tirer le meilleur de chacun, comme ça, en un claquement de toi. Il est fort, fort comme un loup, Tony.

Ces questions peuvent faire rire tout le monde. Elles font également réfléchir tout le monde car elles forcent l’introspection. Le travail pour un enfant de 10 ans doit-il nécessairement n’avoir rien à voir avec ce qu’il représente pour un adulte ? Mettons de côté la candeur et l’innocence de l’enfant : un enfant de 10 ans souhaite faire ce qu’il aime, il sait déjà ce qu’il aime et il sait qu’il fera ce qu’il aime. Pourquoi est-ce si souvent différent à l’âge adulte ? Se poser ces questions c’est creuser un peu plus profond vers nos intentions premières. C’est un peu plus se connaître. Ça fait plaisir à Tony. Ça fait plaisir à Socrate. Ça fait plaisir à soi-même.

What the hell hapenned to the core values ? – Susan Evans Dorsch

Susan est ma meilleure amie. Je me bats avec Adam, entre autres, pour avoir ce titre. À Paris, lors de la soirée organisée par Alex, Tony et Adam justement, elle s’était décrite à moi comme « enthusiast, interested and kind« . J’ajouterai qu’elle est belle. Susan se ballade toujours avec un cahier sur elle et elle note tout ce dont son intuition lui dit de noter. Elle est comme ça, elle écrit beaucoup.

Qu’est-il arrivé aux valeurs du coworking ? Je me souviens qu’à Paris, sur trois jours, elles n’avaient pas été citées une seule fois. Idem à Austin, sauf quand Susan les a rappelées, rapidement, comme un dernier soupir de fin de journée. Ces valeurs ne sont pas encore acquises. J’ai croisé un nombre conséquent de fondateurs d’espaces de coworking qui n’en avaient jamais entendu parler. Dois-je compter combien de fois le coworking, aujourd’hui, est partout galvaudé, épuisé, pressé de sa substance ? Ces valeurs me font esquisser un sourire quand je croise une autre personne pratiquant le coworking ailleurs dans le monde : c’est ce que nous avons en commun. Comme il n’est pas encore l’heure de les omettre, les voici : Communauté – Collaboration – Ouverture – Accessibilité – Durabilité. Répétons-les à satiété.

Coworking is an invitation to participate. – Adam Teterus

Adam est l’homme qui remettra au goût d’une époque le port de la moustache – qu’il porte déjà très bien – ainsi que la pipe. Adam a la classe, il est comme ça. On le surnomme « Point Man » à IndyHall. C’est tout vous dire de l’homme qui cherche un peu de lui-même, et donc un peu des autres, dans les comics américains. Lui, c’est plutôt Captain America. Il est aussi bras droit d’Alex. C’est aussi tout vous dire.

La gesltat théorie nous a laissé ceci : le tout est plus grand que la somme des parties. Toute personne qui choisit de joindre un groupe de personnes parce qu’elle se reconnaît dans les croyances et valeurs véhiculées choisit de faire partie de quelque chose de plus grand qu’elle. Ce quelque chose la dépasse et elle choisit d’y adhérer, d’y participer. Car c’est transcendantal, cosmique, de l’ordre des choses et tous les hommes aiment la transcendance, le sacré. Le coworking, pour certains aujourd’hui et le chiffre grandit, est une idée supérieure, une valeur qui mérite participation. Nous vous invitons à participer et vous allez adorer parce que c’est en vous : participer est en vous. Participer est le premier pas avant d’être un super-héros, Adam le sait mieux que quiconque… Non, ce n’est pas lui Captain America.

Considering a discrepancy between business and community is a huge mistake. – Nicolas Bergé

Oups, il s’agit de moi. Mais cette phrase a eu son petit succès – succès tout relatif se comptant en retweet – lors de GCUC. GCUC se prononce d’ailleurs « juicy » (juteux), j’ai oublié de le mentionner. Les agrumes pressés, tout comme ce qui reste du coworking si l’on considère que le business du coworking n’a rien à voir avec la communauté. Combien pensent ainsi ? Beaucoup trop. C’est comme presser une orange sans jus : il manque quelque chose et plus personne n’achètera d’orange. Tout le monde aime le jus d’orange…

Je vous laisse avec cette image (que je vais m’empresser de travailler… oh). Ces phrases vont rester avec moi pendant un bon moment. J’aime tant les personnes qui les ont prononcées.

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