Un tiers-lieu pas comme les autres

Il est possible de dire que les co-working space sont des tiers-lieux spécifiques par leur inscription dans la « mythologie » californienne. Ils permettent, selon des modalités diverses, aux acteurs du numérique, mais pas uniquement, d’évoluer professionnellement dans un cadre stabilisé, à leur image, au carrefour des compétences, des savoir-faire et des communautés de pratique. C’est par leurs quatre dimensions (économique, socioprofessionnelle, culturelle, spatiale – territoriale) que la notion de « co-working space » peut alors se définir.

Tiers-lieu : plus qu’un espace physique
Le terme « tiers-lieu » est régulierement employé pour désigner les nouveaux espaces émergeants, de travail collaboratif, espaces semi-publics qui ne sont ni des bureaux, ni des cafés mais qui accueillent de plus en plus les activités socioprofessionnelles. A l’origine, ce sont des espaces qui ont toujours existé, en tant que forme spécifique de configuration spatiale qui aspire un environnement social différent de celui de l’espace privé (le domicile et le travail) et celui de public (la rue, le parc). Au-delà des espaces dédiés à des activités commerciales et à des pratiques spécifiques, les tiers-lieux réunissent un nombre de conditions permettant les rencontres informelles et favorisant la créativité des interactions sociales, notamment à travers l’ouverture, la flexibilité, la viabilité, la convivialité et l’accessibilité.

Ce sont des lieux dits « de passage » qui attribuent un sens nouveau à l’espace et à la culture à travers les communautés qui se forment et se rassemblent, des réseaux qui se tissent et grandissent autour des usages que l’on en fait. Dans ce cadre, le « café du coin », le squat d’artiste ou le centre culturel en tant qu’espaces publics servant de point informel de rencontre, peuvent devenir des tiers-lieux selon l’usage qu’en font les individus qui les animent, occupent et visitent. Plus qu’une simple caractéristique spatiale, les tiers-lieux sont donc en grande partie le produit des relations humaines, des interactions créatives et des modes d’organisation sociale et professionnelle dominant les sociétés contemporaines.

Un exemple récent est celui des groupes de travailleurs dits nomades ou indépendants, nommés «Jelly». Cette nouvelle pratique consiste à réunir des individus souhaitant travailler ensemble dans un lieu quelconque, sans qu’une connaissance ou un partenariat préalable soient conditions à la rencontre. Ces lieux sont choisis et proposés à partir d’un site web dédié en fonction de leur caractère accessible, ouvert, gratuit ou pas cher, confortable, accueillant et animé. Sous cet angle, tout lieu est susceptible de devenir un tiers-lieu en fonction du groupe de travailleur s’y réunissant.

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