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Où sont les femmes ?

Où sont les femmes ? À la Cordée, elles représentent uniquement 25% des membres. Comment expliquer cette faible proportion ?

Nous avons créé la Cordée depuis maintenant 4 mois et la question commence à se poser sérieusement : où sont les femmes ? Nous cherchons à créer une communauté diverse, faite de profils variés, de personnes de tous horizons, de tous âges… et c’est en grande partie ce qui se passe ! Si ce n’est le problème de la mixité.

Je précise avant votre lecture de l’article que je suis une femme. Peut-être mes propos sont-ils influencés par ce fait, si singulier je dois l’avouer, peut-être pas, je vous laisse décider. En tous cas, les pistes de réflexion lancées ne portent aucun jugement ! Ce ne sont que des prétextes à lancer le débat, si vous souhaitez y participer.

Quelques chiffres commencent à ressortir…

Sur une quarantaine d’abonnés, nous avons une dizaine de femmes. 25%. Déjà le chiffre n’est pas exceptionnel, mais il faut compter en plus que celles-ci viennent bien moins fréquemment à l’espace. On les voit, pour les plus assidues d’entre elles, une fois par semaine. En termes d’occupation de l’espace, il faut donc plus compter sur 15 à 20%. Un peu trop de testostérone donc, et pas assez d’œstrogènes.

Nous nous sommes mis à la recherche d’explications. Quelques idées nous sont venues, certaines écartées rapidement, d’autres moins. Votre avis nous intéresse fortement, ainsi que vos témoignages, qu’ils soient d’hommes ou de femmes ! Tout d’abord, pourquoi ces chiffres ?

Réponse possible #1 : il y a 25% de femmes à Lyon => Faux !

Après quelques menues recherches, agrémentées d’une observation terrain active, nous avons écarté définitivement l’hypothèse. Il y a en fait plus de femmes à Lyon que d’hommes : 53 contre 47%. Une autre question se pose suite à celle-ci : pourquoi la proportion de femmes à Lyon est-elle plus importante que dans le reste de la France (51,4%) ? Mais ceci est  un autre débat, et pas le nôtre…

Réponse possible #2 : les femmes montrent un intérêt inférieur à notre projet => Faux !

Chaque mois, nous envoyons un e-mail avec les dernières nouvelles de ce qui se passe à la Cordée. Le mail vise à tenir au courant toutes les personnes intéressées par le projet de nos avancées et de nos évolutions. Il y a parmi les personnes qui suivent le projet autour de 45% de femmes. Sur Facebook, la proportion de femmes parmi nos « fans » est de 42%. Enfin, sur le groupe Viadeo « La Cordée – communication et événements », où l’on tient au courant des événements à venir à la Cordée, la proportion est de 50%.

Réponse possible #3 : il y a 25% de travailleurs nomades femmes et 75% d’hommes => une première piste !

Parmi les créations d’entreprises, 29% sont le fait de femmes (données APCE). Elles représentent également le tiers des auto-entrepreneurs.

Voici donc une belle première piste. Si les créateurs ne sont pas notre seule cible de clientèle, il est certain que c’en est une partie non négligeable. Elle n’explique pas entièrement la faible proportion féminine à la Cordée, mais c’est certainement un premier élément de réponse.

Membres de la Cordée

Photos des membres de la Cordée

… et quelques pratiques se dessinent

Lorsqu’un homme nous rend visite, si le concept lui plait, il y a de fortes chances qu’il devienne membre directement. Lorsqu’une femme nous rend visite, si le concept lui plait… Elle va rentrer chez elle, en parler à ses ami(e)s et à sa famille, et y réfléchir. On la reverra peut-être le lendemain, ou deux mois plus tard, c’est variable. Mais très peu s’abonneront aussi rapidement que leurs homologues masculins. Dans la même veine, les femmes passent quasi systématiquement par une semaine d’essai avant de devenir membre, alors que c’est peu le cas chez les hommes.

Pourquoi ?

Réponse possible #1 : en termes d’habitudes de vie, les femmes sont moins compulsives => votre avis ?

Attention, nous parlons bien d’habitudes de vie ! D’aucuns répliqueront probablement qu’au moment des soldes, la femme est souvent capable d’une grande compulsivité. Ils n’auront pas tort… Mais c’est très ponctuel, et c’est de la dépense plaisir, ce qui est très différent.

Pour les dépenses quotidiennes, les femmes ont peut-être plus tendance à recourir au système D. L’inscription d’une nouvelle dépense mensuelle dans leur budget doit être mûrement réfléchie. Après tout, pourquoi payer pour un espace de travail alors que je peux travailler de chez moi ? Certes, j’ai du mal à me motiver, je ne suis pas productive, et ça me déprime d’être seule, mais… mais ça ne me coûte rien de ne pas être motivée, ni productive. Je suis déprimée, certes, mais gratuitement !

À notre grand regret, malgré d’assidues recherches, nous n’avons pas trouvé de modèle d’affaire nous permettant de rendre le coworking gratuit.

Réponse possible #2 : les femmes doivent jongler entre les tâches => difficile à nier…

Malgré toutes les évolutions de ces dernières années, et une participation aux tâches ménagères et à l’éducation des enfants de plus en plus importantes des hommes, les inégalités à cet égard sont toujours assez présentes, justifiant pour beaucoup une présence importante au foyer.

Venir dans un espace de travail régulièrement, ou quotidiennement, demanderait à totalement réorganiser son emploi du temps, voire réduirait le temps alloué à ces diverses tâches, chose qu’il faudrait compenser.

Réponse possible #3 : moins de femmes, moins de femmes => fort possible

Moins il y a de femmes, plus une femme peut avoir de difficultés à se projeter dans un espace. Effectivement, la perspective d’être entourée en permanence d’hommes peut en rebuter certaines (et en attirer d’autres ? C’est encore une autre histoire…). On espère donc que la féminisation de notre communauté ira crescendo !

Conclusion ?

On sait que la parité est inatteignable, mais une proportion se rapprochant de 35/65 nous satisferait déjà beaucoup, nous n’en demandons pas trop !

D’ores et déjà, nous remercions l’ensemble des femmes que nous comptons parmi nous, et qui apportent beaucoup à notre communauté, en humour, en points de vue différents, en tout un tas de points très importants. Nous sommes bien conscients également que si elles n’étaient pas là, l’hygiène de nos membres masculins se réduirait comme peau de chagrin (blague ! Nous aussi on a le droit J). Nous remercions d’ailleurs ces messieurs de se comporter toujours en gentlemen à leur – que dis-je, à notre (!) égard.

Et nous attendons vos retours d’expérience, et votre avis sur la question !

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